LE CERVEAU N'A PAS DE SEXE !

Sus aux stéréotypes !

“Le rose, c’est pour les filles”, “Les filles n’ont pas le sens de l’orientation”, “Les filles sont plus sages que les garçons”, “Les filles ne sont pas bonnes en maths”, “Les filles s’occupent bien des bébés”, “Les filles sont douées pour la communication”... Comme nous, tu as probablement entendu tous ces stéréotypes : on nous les répète depuis qu’on est petites. 

 

On nous dit souvent que notre cerveau serait différent de celui des hommes et que c’est donc naturel qu’on n’ait pas les mêmes aptitudes et les mêmes goûts. Mais les études scientifiques récentes montrent qu’il est impossible de deviner en observant par imagerie cérébrale si un cerveau appartient à un homme ou une femme. En fait, les caractéristiques des cerveaux varient très peu d'un sexe à l'autre, mais elles peuvent être très différentes d'une personne à l'autre. Il y a sur Terre autant de cerveaux différents que d’êtres humains ! Donc les femmes ne sont pas programmées à la naissance pour aimer passer le balai et faire la cuisine ! 

 

On dit aussi que le cerveau féminin est plus petit que le cerveau masculin et que c’est la preuve qu’elles sont moins intelligentes que les hommes. En moyenne, le cerveau d’une femme pèse en effet moins que celui d’un homme. Mais cette différence est simplement due au fait que les femmes ont, en général, un corps plus petit que celui des hommes. La taille n’a rien à voir avec l’intelligence ! D’ailleurs, le cerveau du fameux Albert Einstein pesait environ 1,2 kg, soit le poids moyen d’un cerveau de femme. 

 

Nos cerveaux sont en continuel changement, on dit qu’ils sont plastiques. Cela veut dire que l’on développe des aptitudes et des goûts en fonction des activités que l’on pratique. Le problème c'est que ces activités nous sont souvent proposées, voire imposées, en fonction de notre sexe. Par exemple, quand on joue à la poupée, on apprend à se soucier d’un bébé et à aimer les jolies robes. Si on joue de la musique, on développe sa capacité à différencier les sons et à repérer les fausses notes. Si on joue au foot, on gagne en adresse et en endurance mais ça, c’est souvent réservé aux garçons parce que les filles sont censées être douces et fragiles, ne pas se salir, ni exercer des activités sportives trop violentes. En fait, le cerveau se développe comme un muscle et plus nous répétons certaines activités, plus nous musclons la partie du cerveau qui leurs est dédiée. 

A force d’entendre les stéréotypes sur les filles et les garçons, on finit par les intégrer et on y croit vraiment ! On se dit : “Je suis une fille donc je n’ai pas le sens de l’orientation, donc je ne vais pas partir à l’aventure même si j’en ai envie”. Mais c’est tellement dommage, car si on ne le fait pas, on ne développera jamais les capacités qui rendront nos rêves possibles !

 

Ce que tu peux retenir, c’est que nos destins ne sont pas inscrits dans nos cerveaux à la naissance. Tu verras que si tu es curieuse et que tu as envie d’apprendre, aucune activité ne sera hors de ta portée. Tu as le droit de choisir ce que tu fais de ta vie.

Parmi quelques unes de ces Héroïnes

Marie Curie, la femme aux deux prix Nobel (Physique en 1903 et Chimie en 1911)

Marie Curie est né en Pologne en 1867, elle est la première femme et aujourd’hui encore la seule, à avoir reçu deux prix Nobel. Elle fut, avec son mari Pierre Curie, à l’origine des premières recherches sur la radioactivité et la physique nucléaire. Sa découverte du polonium, nouvel élément chimique, 400 fois plus radioactif que l’uranium, et du radium vont révolutionner la science. Le radium va permettre de soigner des cancers notamment grâce à la “curiethérapie”. Après une vie de recherche et d’exposition aux éléments radioactifs, Marie Curie meurt en 1934. Ce n’est que 61 ans plus tard, en 1995, que ses cendres et celles de son mari seront transférées au Panthéon.

Hélène Boucher, aviatrice et féministe (1908 – 1934) 

Depuis très jeune, Hélène Boucher se passionne pour l’aviation et c’est tout naturellement qu’elle obtient son brevet d’aviation de tourisme puis de transport public. Elle ne s’arrête pas là puisqu’elle devient une des aviatrices les plus célèbres du début du XXe siècle en entreprenant de faire de l’acrobatie aérienne, alors essentiellement réservé aux hommes. Elle bat de nombreux records de vitesse et milite dans le même temps pour le droit de vote des femmes avec d’autres aviatrices. Lors d’un vol d’entraînement, son avion s’écrase et elle succombe à ses blessures, elle sera décorée de la Légion d’honneur à titre posthume.

Tomoe Gozen, samouraï (1161 ?-1247 ?) 

Dame Tomoe ou Tomoe Gozen est une femme samouraï japonaise dont l’histoire est entrée dans les légendes populaires au point que la vérité se mélange souvent au mythe. Réputée pour ses talents en équitation, tir à l’arc et kenjutsu (art du sabre des samouraïs), Tomoe accompagne son mari général, sur les champs de bataille. Respectée par les hommes, Tomoe est l’une des capitaines de son mari et mène ses troupes au combat. A la suite d’une bataille où son mari perd le contrôle et la vie, selon certains, Tomoe tue un samouraï ennemi, puis prend la fuite en emportant la tête de son mari. Pour d’autres, elle reste auprès de son mari et meurt avec lui. Par la suite, elle abandonne les armes et certains disent qu’elle devient une religieuse bouddhiste. Dans la culture populaire contemporaine, son personnage apparaît dans plusieurs films, jeux vidéos et mangas.
 

Margaret Hamilton, informaticienne qui a emmené les hommes sur la Lune (1936-)

Margaret Hamilton était à la tête de l'équipe qui développa le logiciel de vol pour les missions Apollo 11. Sans son travail, l'être humain n'aurait pas mis le pied sur la Lune. Elle est personnellement à l’origine du succès de la mission Apollo 11, mais aussi du développement des logiciels informatiques. Non seulement Margaret Hamilton a créé les fondements de ce qu'est l'informatique moderne, mais elle est même à l'origine du nom de sa discipline, le "software engineering", pour "génie logiciel".  Son nom est pourtant resté longtemps méconnu, il a d’ailleurs fallu 47 ans au gouvernement des Etats-Unis pour récompenser Margaret Hamilton de ses services lorsqu’en 2017, elle reçoit la Médaille présidentielle de la liberté, remise par Barack Obama, la plus haute distinction aux États-Unis. Elle n’était pourtant pas la seule femme, parmi les 400 personnes qui travaillaient sur le logiciel Apollo, comme le rappelait le roman Les Figures de l’ombre, de Margot Lee Shetterly, adapté au cinéma en 2016.

 

Lucie Aubrac, résistante française pendant la seconde guerre mondiale

Lucie Aubrac est devenue célèbre en tant que résistante française à l'Occupation allemande et au régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis son enfance, Lucie Aubrac recherche la liberté, suite à des études où elle obtient l'agrégation d'histoire et géographie, elle devient professeure et rencontre son mari, Raymond Aubrac. Elle s’intéresse de près au communisme et très vite se rend compte de la menace nazie et fasciste. Avec son mari, elle s’engage dans la résistance et participe à des activités d’édition et d’émission clandestines. Lorsque son mari est fait prisonnier par les nazis, elle organise son évasion. Après la guerre, elle enseigne au Maroc, milite pour les droits de l’Homme et participe aux Mouvements de la paix durant la guerre d’Algérie. Elle appelle aussi les jeunes générations à se révolter contre les abus de pouvoir et pour la liberté.

Hedy Lamarr, actrice hollywoodienne et surtout scientifique inventrice du wi-fi

Reconnue pour ses talents de comédiennes et souvent plus louée pour sa beauté que pour ses travaux de scientifique, Hedy Lamarr n’est autre que l’inventrice d'un système secret de codage des transmissions, à l'origine du GPS et du WIFI. Élue plus belle femme au monde, elle a combattue toute sa vie ce qu’elle appelait “son masque” en s’affirmant comme une femme indépendante autant par son inventivité dans sa vie professionnelle, que par sa modernité dans la gestion de sa vie privée.  Car Hedy Lamarr n'était pas qu'une star prolifique du grand écran, elle a aussi été l'inventrice méconnue pendant la guerre, en 1941, d'un système de transmission secret pour guider les torpilles. Ce n’est que lors de la crise des missiles de Cuba que son invention est employée après n’avoir pas été prise au sérieuse par l'État Major lors du dépôt du brevet en 1942. Le concept de ce principe de transmission est encore utilisé de nos jours pour le positionnement par satellite, la téléphonie mobile ou encore le wi-fi. De son côté, Hedy Lamarr a reçu peu de reconnaissance et elle est longtemps restée dans l’oubli, il faudra attendre 2014 pour qu'elle soit admise, à titre posthume, au National Inventors Hall of Fame.
 

Nzinga Mbende (1583), reine, stratège, guerrière et diplomate en Angola

Connue en Angola pour son sens aigu de la politique, de la diplomatie et des tactiques militaires, Nzinga Mbende a joué un rôle crucial dans la lutte contre le colonialisme et pour l’indépendance de son pays. D’abord négociatrice de la paix avec le Portugal en 1622, elle assure la régence pour son neveu, lorsque son frère, le roi, se suicide après le non-respect du traité qu’elle a établi avec les Portugais. Elle prend ensuite le titre de reine d’Andongo (royaume angolais) et combat les Portugais. Après presque 30 ans de lutte pour la paix, en 1657, à l’âge de 74 ans, elle finit par signer un traité de paix avec le Portugal. Après la guerre, elle tente de reconstruire son pays, s’occupe de réinstaller d’anciens esclaves et, n’ayant pas de fils, gère sa succession. Sa mort naturelle, le 17 décembre 1663, accélère le processus de domination du Portugal en Afrique du Sud-Ouest.

 

Claudie Haigneré, cosmonaute, scientifique et politique (1957 -)

Astrophysicienne et spationaute au CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) suite à son doctorat en neurosciences, Claudie Haigneré s'envole dans l'espace le 17 août 1996 en participant à la mission franco-russe Cassiopée. Elle réalise alors un grand pas pour les femmes en devenant la première française à aller dans l’espace. En 2002, Claudie Haigneré laisse de côté ses activités spatiales pour se consacrer à une carrière politique d’abord puis à la présidence de la Cité des Sciences et de l'Industrie. En 2015, l'astronaute qui n’a jamais délaissé son cœur de métier après s’être fait petit à petit une place dans ce monde d’hommes, décide de revenir à l'Agence Spatiale Européenne. Claudie Haigneré est décorée à de nombreuses reprises, recevant notamment le titre de  Chevalier de l'Ordre du Mérite et celui de Grand Chevalier de la Légion d'Honneur

Amandine Henry (1989-), capitaine de l'équipe française de foot

Formée dans sa région natale puis au centre de formation de Clairefontaine, Henry rejoint l’Olympique lyonnais en 2007. Un grosse blessure au genou droit ne la décourage pas, elle se construit un palmarès exceptionnel avec neuf titres de championne de France entre 2008 et 2016, cinq victoires en Coupe de France et remporte trois fois la Ligue des champions sur la même période. Performante en club, Amandine Henry découvre l’équipe de France avec les catégories jeunes. En 2015, elle est élue deuxième meilleure joueuse de la Coupe du monde. En 2017, Henry devient la capitaine des Bleues. Elle quitte une saison l'OL pour rejoindre les Portland Thorns dans la National Women's Soccer League et remporter le championnat des États-Unis 2017 avec cette équipe. Amandine Henry retrouve en 2018 le vestiaire lyonnais, et poursuit alors sa moisson de trophées nationaux et continentaux.

 

Alexandra David-Néel, (1868-1969) exploratrice et écrivaine 

Jeune belge passionné par l’Asie dès son plus jeune âge, Alexandra David-Néel, de son vrai nom Louise David, se lance dans des études d’orientaliste et se convertit au bouddhisme à l’âge de 21 ans. Parallèlement, elle apprend le piano et le chant et commence une carrière de chanteuse lyrique qui l’amène à voyager. En 1911, elle part seule en Inde pour un voyage d’études sur le bouddhisme et rencontre le treizième Dalaï-Lama, fait exceptionnel pour une Européenne. Après avoir vécu dans des monastères, elle poursuit son périple à pied et déguisée en pèlerine pour arriver en 1924 à Lhassa, capitale du Tibet interdite aux étrangers. Elle devient alors la première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa. De retour en France en 1925, elle relate son aventure extraordinaire dans son livre Voyage d'une Parisienne à Lhassa et repart en voyage en Asie, notamment pour y vivre une retraite de cinq ans au Tibet.  En 1946, elle s’installe dans sa maison de Digne-les-Bains et continue à publier des ouvrages sur la culture tibétaine et à voyager. Elle meurt le 8 septembre 1969 à près de 101 ans.

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