LA CONTRACEPTION

Dès les premières règles, notre corps est prêt à avoir des enfants, alors que nous, on n’est pas prêtes du tout ! Mais alors, la grossesse, comment l’éviter ? On est chanceuses : les contraceptifs ont été inventés pour ça, et il en existe plein de types différents. Vous avez probablement entendu parler du préservatif et de la pilule : mais comment ça marche ? Et quelles sont les alternatives ?


Il existe deux grands types de contraceptifs : ceux qui contiennent des hormones et ceux qui n’en contiennent pas. Tous les contraceptifs hormonaux fonctionnent de la même façon : ils diffusent dans le sang deux hormones similaires à celles que notre corps produit naturellement durant le cycle menstruel (l'œstrogène et la progestérone), mais de façon à empêcher l’ovulation. Ils sont très efficaces mais ils ne protègent pas des infections sexuellement transmissibles, comme le Sida.

1. Les principaux contraceptifs hormonaux

La pilule : c'est un comprimé contenant des hormones sexuelles que l’on prend quotidiennement à la même heure pendant 21 jours. Ensuite, on l’arrête pendant une semaine, c’est la semaine des règles et l’effet contraceptif ne cesse pas pendant cette période. On peut aussi enchaîner les plaquettes pour ne pas avoir de règles si on le préfère, cela ne pose aucun problème.

En plus de l’effet contraceptif, la pilule nous aide si on a des menstruations trop abondantes ou douloureuses, ainsi que de l’acné. Mais pour certaines filles, elle a des effets secondaires comme des changements d’humeur, des douleurs à la tête et aux seins, une perte d’envie sexuelle, etc. Il en existe plusieurs types et souvent il faut en tester plusieurs pour trouver celle qui est bien pour nous. Parfois on dit qu’elle rend stérile, mais cela n’est pas vrai.

Le savais-tu ? Lorsque tu prends une contraception hormonale, les règles sont artificielles, créées par la pilule.

Pour l’obtenir il faut la prescription d’un-e médecin-e (généraliste, pas forcément gynécologue) ou d'une sage femme et il n’est pas nécessaire d’avoir l’accord de tes parents.

Et si on oublie de la prendre?  Si on s’en rend compte dans les 12 heures après l’heure habituelle de prise, on prend tout de suite le comprimé oublié et il n’y a aucun risque de grossesse. Sinon, on peut faire recours à la contraception d’urgence (voir ci-dessous).

C’est la solution contraceptive la plus souvent proposée aux femmes, mais cela n’est pas la seule. Si tu es tête en l’air, cela n’est pas forcément la plus fiable : il faut vraiment penser à prendre sa pilule tous les jours pour que ça marche ! Heureusement, il existe d’autres moyens de se protéger d’une grossesse.

Le patch : c’est un genre de timbre autocollant qui diffuse les hormones à travers la peau. On le change une fois par semaine. Comme la pilule, on le prend pour 3 semaines par mois et dans la semaine "libre", on a des saignements.

L’anneau vaginal : c'est un anneau en plastique souple que l’on place soi-même dans le vagin. Il ne fait pas mal et il ne gêne pas pendant les rapports. On le met une fois par mois, en le gardant pour 3 semaines, et on saigne dans la semaine où on ne l’a pas.

L’implant : c’est un fin bâtonnet souple, qu’un-e professionnel-le de santé place sous la peau du bras. Cela peut avoir l’air un peu effrayant, mais en réalité cela va très vite et cela ne fait pas mal du tout! Il est efficace pendant 3 ans, mais on peut décider de l’enlever à n’importe quel moment. Cependant, il peut provoquer des saignements irréguliers.

Le stérilet (Dispositif Intra Utérin ou DIU) hormonal : c’est un petit objet en forme de T qu’un-e professionnel-le de santé implante dans l’utérus. Il est efficace pendant 3 à 5 ans.

Ces alternatives à la pilule sont pratiques quand on a peur de l’oublier et elles sont très fiables. Mais elles provoquent les mêmes effets secondaires que la pilule sur certaines femmes. La seule façon de savoir si cela te convient ou non, c’est d’essayer ! Mais tu peux aussi utiliser des contraceptifs sans hormones.

2. Les principaux contraceptifs sans hormones

Le préservatif masculin : on l’appelle aussi "capote". C’est comme une petite capuche, le plus souvent en latex, qu’on met sur le pénis juste avant la pénétration. On ne le réutilise jamais. Si tu fais plusieurs fois l’amour d’affilée, il faut le changer. C’est important de bien le mettre, en suivant les instructions. Contrairement à ce que tu as peut-être entendu, quand il est bien mis, il reste parfaitement en place et il n’y a aucun risque qu’il se perce ou qu’il éclate ! Le mieux est de regarder la notice tranquillement avant d’avoir un rapport sexuel car dans le feu de l’action, on n’a pas forcément envie de lire la notice ! Attention, cependant, ils ont une date de péremption au-delà de laquelle ils perdent leur efficacité.

On peut le trouver très facilement : en pharmacie, en grandes surfaces, dans des distributeurs et dans les centres de planification familiale. 

Il existe aussi le préservatif féminin qu’on met dans le vagin, mais c’est plus cher et plus difficile à trouver. En revanche, c’est toi qui gère tout et il peut être placé plusieurs heures à l’avance !

Dans les deux cas, l’avantage est que cela protège aussi des infections sexuellement transmissibles. Cela peut donc être un bon complément à un autre type de contraception.

Le diaphragme et cape cervicale : les deux sont à utiliser avec des "spermicides", c’est-à-dire des gels qui tuent les spermatozoïdes. Il s’agit de deux types de "barrières" souples en silicone que l’on met soi-même au fond du vagin, juste avant le col de l’utérus.

Le stérilet (Dispositif Intra Utérin ou DIU) en cuivre : comme le stérilet hormonal, il  se présente sous la forme d’un T d’environ 3 cm que l’on place dans l’utérus. Le cuivre est toxique pour les spermatozoïdes, il les empêche d'atteindre les ovules. Un petit fil permet au médecin de s’assurer qu’il est toujours bien en place, et de le retirer le moment venu. On peut le garder 3 à 5 ans selon les modèles, mais on peut aussi le retirer avant si on le souhaite ! Si tu as des règles très abondantes, longues ou douloureuses, ce n’est pas la meilleure solution car cela a tendance à amplifier les règles. Sinon, c’est très efficace! Et contrairement à ce que l’on entend parfois, c’est adapté même aux jeunes filles et femmes.

3. Les "méthodes" qui ne sont pas efficaces

Le retrait : ça veut dire que l’homme se retire du vagin avant son éjaculation. Ce n’est pas efficace parce qu’il n’est pas facile de se retenir, et que même avant l’éjaculation, le pénis produit un liquide qui contient déjà des spermatozoïdes. En plus, cette méthode laisse à l’homme tout le contrôle de la contraception…

Le calendrier : on peut essayer d’établir les jours précis du cycle où on est fertile, pour n’avoir des rapports que pendant la période où on ne l’est pas. Mais le cycle est différent pour chaque fille et ça peut varier tous les mois. Donc on est vraiment chanceuse quand ça fonctionne,  mais on ne te conseille de ne pas tenter le sort.

4. Comment choisir ?

La contraception est un choix personnel, qui dépend de nos désirs (par exemple, on peut ne pas s’enthousiasmer à l’idée de prendre des hormones, ou au contraire on ne veut pas trop penser au préservatif quand on est avec notre copain), de nos caractéristiques physiques (il y a des contre-indications à la pilule et au stérilet) et de notre vie et de notre personnalité (s’il t’arrive d’aller à l’école en pyjama parce que tu as oublié de te changer le matin, il vaut mieux ne pas chercher à prendre une pilule tous le jours à la même heure).  

Cela dit, certaines méthodes sont plus efficaces que d’autres : si on suit toutes les instructions, les contraceptifs hormonaux sont plus efficaces que les préservatifs, qui à leur tour marchent mieux que les spermicides. Cependant le préservatif, si on le met bien, ça marche quand même 98 fois sur 100 !

Une chose très importante, c’est que le seul contraceptif qui protège aussi des maladies sexuellement transmissible (comme le Sida) est le préservatif (masculin ou féminin). Pour cette raison il est en réalité conseillé de l’utiliser même si on utilise déjà une autre méthode : la sécurité avant tout ! 

 

5. J'ai peur d'être enceinte : que faire ? 

On risque d’être enceinte si :

- On n’a utilisé aucune méthode de contraception, même sans éjaculation dans le vagin : le pénis produit un liquide pendant le rapport qui contient déjà des spermatozoïdes en faible quantité ; une petite partie du sperme peut être entré dans le vagin, à travers les doigts par exemple  ;

- Le préservatif était mal mis, qu’il n’a pas tenu et qu’on ne prend pas d’autre contraceptif ;

- On a oublié de prendre la pilule dans le délai des 12 heures et on a eu un rapport non protégé dans les 5 jours avant l’oubli ou dans les 7 jours suivants.

 

Si tu es dans cette situation, pas de panique ! Il existe la contraception d’urgence, qu’on appelle aussi "pilule du lendemain", bien qu’en réalité on puisse la prendre jusqu’à 5 jours après le rapport. C’est une contraception hormonale faite d’un seul comprimé. Plus tôt on la prend, plus elle est efficace. Pour se la procurer, il n’y a pas besoin de consulter un médecin ni de faire une visite gynécologique. Les mineures ont le droit de l’obtenir gratuitement à l’infirmerie de leur établissement scolaire, dans un centre de planification et en pharmacie sans ordonnance. 

 

La contraception d’urgence n’est pas faite pour remplacer la contraception régulière. Cela n’est pas très bon pour le corps. Cependant, elle ne rend pas stérile et elle peut être prise chaque fois que tu en as besoin.  

 

Pour être sûre que l’on n’est pas enceinte, il faut faire un test de grossesse trois semaines après le rapport non protégé (on en trouve en centre de planification, en pharmacie ou en grande surface).

 

Et si le test est positif ? Si tu ne souhaites pas continuer cette grossesse, tu peux recourir à l’avortement, appelé aussi IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) dans les premiers 3 mois de grossesse. Il faut passer par un-e professionnel-le de santé (généraliste, gynécologue ou sage-femme) ou te rendre à l’hôpital ou dans un centre de planification familiale. Si tu es mineure, le consentement des parents n’est pas nécessaire. Il te suffit d’être accompagnée par une personne majeure de ton choix. Les soins seront alors entièrement gratuits. En fonction de l’avancement de la grossesse, tu peux réaliser une IVG à domicile ou à l’hôpital. Tu auras également le choix entre prendre des médicaments qui provoquent les règles ou retirer la grossesse par une sorte d’aspirateur introduit par le vagin sous anesthésie. Pour avoir plus d’informations, tu peux te rendre dans un centre de planification familiale.

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